Travaux Molodoï

Des travaux de maintenance et réparations diverses ont lieu tous les derniers dimanches du mois à 14h au CAJ Molodoï.

Toutes les associations utilisatrices et les sympatisants sont invités à venir contribuer à l'entretien de la salle, dans la joie et la bonne humeur !

Affiches, flyers...

Le CAJ Molodoï à une histoire que VOUS avez écrite. Pas de longs textes mais des affiches et des flyers qui illustrent l’histoire sociale, politique et culturelle de la salle alternative strasbourgeoise. Aidez-nous à reconstruire cette histoire : envoyez-nous vos flyers et affiches, vos archives nous intéressent !!!

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Prochaines soirées

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LA CAROTTE SOCIALE & SOLIDAIRE // Distribu...

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Edito


Qui pourra se satisfaire de la manière dont la 1er AG d’octobre a tourné tant sur fond que sur la forme ?

 
Oui, sans doute, la démission d’un membre du CA et les différentes sommations à nous justifier auraient dû nous alerter plus que cela n’a été le cas et nous aurions dû peut-être nous donner les moyens d’interroger les faits.
Cependant, la méthode était-elle la bonne ? Fallait-il nous demander de nous justifier publiquement et individuellement en mobilisant physiquement - d’une manière ou d’une autre - un grand nombre de personnes ? Sommes-nous si suspects qu’il faille forcement voir en nous des ennemiEs ? Ne sommes-nous pas habituellement des gens proches avec qui de nombreux évènements et idées sont et ont été partagés ?
Et, à ce titre, une attitude moins inquisitrice et plus pédagogique n’aurait-elle pas prévalue ? N’aurait-il pas été plus judicieux d’être dans l’explication, la proposition plutôt que l’invective et la suspicion. Là où il y a aurait pu avoir des mises en garde, des invitations à la réflexion et l’échange il y a eu des accusations des mises en demeure. La violence des accusations « tu as individuellement validé une affiche que nous considérons comme sexiste, violente, dégradante et poussant au viol donc tu cautionnes le sexisme, la domination masculine, le viol et tu dois t’en expliquer devant nous… » est peut-être aussi forte que celle ressenti par les personnes touchées par l’affiche. A une violence répond l’autre et l’on s’étonnera qu’il ait été difficile voire impossible d’avoir une discussion.  Dès lors, de part et d’autre, des propos outranciers ont été tenus. Et, en aparté, au-delà des discussions sur l’affiche, c’est la bonne foi des gens qui a été remise en question, c’est la gestion « structurellement problématique » du lieu qui a été dénoncée. Il est donc des conflits/problématiques plus souterrains qui resurgissent à l’occasion de friction.
Nous en tirons plusieurs leçons contradictoires :
Le CA et toutes ses actions/non-actions sont scrutés avec attention et une dérive/oubli/erreur… est vite repérée et exposée lors des moments de vie collectifs du lieu. Nous nous en félicitons. Même si cela ne résout pas tous les problèmes, c’est la preuve qu’il existe une liberté de parole, des espaces de discussions/tensions.  Mais nous notons également que rien ne nous est épargné et que nous pouvons être vécus non pas comme des acteurs d’un projet commun et collectif mais comme des responsables qui jouissent finalement de peu de considération –notamment- dans la manière dont les critiques sont amenées. Nous aurions aimé compter, au moins momentanément, sur le bénéfice du doute.
 
Notre projet associatif a pour objet la gestion de l’espace CAJ Molodoï. Notre projet essaie d’accompagner cet espace dans les mutations de notre environnement sociétal, urbanistique, local et régional, politique et musical. C’est un travail bénévole lourd qui demande un investissement constant pour répondre à de nombreuses sollicitations parfois antagonistes : bureaucratie, voisinage, associations plurielles (semi-professionnelles, amateurs, organisées, désorganisées, régulièrement présentes, consommatrices, petites, grandes, militantes ou non…)…Nous composons avec des gens/associations multiples aux projets/désirs/idées pas nécessairement convergents. Notre CA est à l’image de ce pluralisme, nous ne sommes pas un bloc monolithique, stable et rigoureusement cohérent. Nous sommes traversés de contradictions, de doutes.
Présupposer que Molodoï et tous les membres qui le fréquentent ou l’animent sont au même niveau d’engagement, sont idéologiquement identiques, pensent et défendent les mêmes valeurs et que Molodoï est un bloc monolithique est une blague. Pour autant, on ne peut nier à Molodoï sa volonté affichée et vécue d’être un lieu de convergence des idées antifascistes, anticapitalistes et antisexiste.
 
Une approche militante intransigeante consiste à estimer que son interlocuteur est au même niveau de compréhension de la problématique et dispose du même langage et formule, des mêmes connaissances et d’un savoir inné. Et, dès lors que le contraire est avéré, la faute est pointée, la démonstration faite. Justifier d’une présence physique massive en invoquant la crainte de se voir agresser (au regard de propos tenus sur facebook par des gens extérieurs à Molodoï et n’ayant aucun rapport avec l’AG ou la volonté de venir y chercher des explications) est une anticipation malvenue notamment de personnes habituées des lieux et sachant pertinemment qu’elles ne courent aucun risque physique durant cette AG, et au contraire, certainement moins qu’ailleurs. Cette attitude -a priori victimaire- ne prend pas en compte l’effet qu’elle produit : elle retourne le sentiment d’insécurité et intimide les interlocuteurs/trices. Mais peut-être fallait-il la force de tout ce collectif pour encourager à la prise de parole tant la problématique semble intimement vécue ?
 
Il est difficile d’entendre parler d’une perte de confiance voir d’une défiance envers le CAJ Molodoï suite à la validation de cette affiche. Réduire finalement son rapport au lieu et aux gens qui l’animent à cet incident exclusif (et il ne s’agit pas là de minimiser les faits et les ressentis) montre malheureusement des liens ténus, facilement brisés.
Est-ce une réaction proportionnée ? L’attachement à ce lieu est-il si fébrile que la première vague suffit à emporter toute volonté de participer au projet ?
 
Heureusement, des propositions concrètes et ouvertes ont finalement été faites pour imaginer un avenir constructif à cet incident en tentant de créer quelque chose pendant ou après le concert avec des personnes engagéEs mais plutôt extérieures au petit cercle des habituéEs de Molodoï. Une certaine distanciation aura sans doute permis une plus grande mise en perspective. Nous ne savons pas si cette prise de contact sera fructueuse mais nous avons encouragé GHB à questionner leur démarche artistique.
 
Molodoï n’est pas qu’un mais aussi un lieu politisé. La pluralité de ceux et celles qui s’y croisent et y développent des activités peut créer des tensions. Si les membres du conseil d’administration essaient de permettre à chacunE d’y cohabiter, nous avons besoin des militantEs et des personnes politisées pour aider à maintenir l’esprit frondeur du lieu et à porter des idées.

Les précédents
La vie du CAJ Molodoï se construit et s’articule autour de règles induites par son fonctionnement, en perpétuel mouvement, donc changeantes, et par des règles écrites ou tacites.  En 2013, une association avait proposé un fly/affiche avec comme dessin, des seins arrosés de sauce blanche et intercalés entre deux feuilles de salade et tranches de pain simulant un hamburger. Le titre de l’évènement suggérait explicitement la masturbation. Le CA avait immédiatement réagi et nous avions imposé à l’association de changer le graphisme trop sexiste. Un débat interne exista sur la responsabilité de Molodoï quant à ce que véhiculaient les affiches portant son nom.  Pourtant les affiches n’émanent pas directement de Molodoï mais des associations organisatrices d’évènements. Ainsi, se posait la question de notre pouvoir/devoir de censure quant au matériel produit par d’autres. Pas si évident pour un lieu plutôt libertaire de se voir confier un rôle de censure. De quels droits ? Sur quelles bases ?
Nous décidions ensuite d’imposer comme règle tacite la nécessité pour les associations de soumettre aux référentEs le projet d’affiche à des fins de contrôle/validation/censure. Cette décision prise pour un évènement particulier, isolé, n’a quasiment jamais été suivie d’effet. Nous, comme les associations, pris dans nos fonctionnements avons oublié cette règle qui-de fait- n’en est plus une, juste un vœu. Nous constations également que notre décision d’imposer à l’association le changement de graphisme était plus de l’ordre du positionnement symbolique que d’une réelle capacité à changer les choses : les délais entre la décision et l’évènement ne permettaient de changer les versions papiers qui continuaient à être affichées et distribuées, la version numérique officielle était modifiée mais de nombreuses copies de la version initiale continuaient à circuler grâce à la force multiplicatrice des réseaux sociaux sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir/contrôle.
Notons également que dans le cas de cette affiche « hamburger » l’unanimité moins un des membres du CA était pour sa non validation alors que dans le cas de l’affiche GHB, l’unanimité moins un était pour sa non censure. Deux situations que d’aucunE trouveront identiques, deux réactions totalement inverse du CA en terme d’acceptation.
Par le passé –pas si lointain puisque nombre des acteurs/trices d’aujourd’hui étaient déjà présentEs-  le nom de Molodoï a été accolé au logo de la préfecture ou encore du Medef…Pour autant il n’y a pas eu de confrontations aussi dures pour dénoncer l’improbable : comment accepter qu’une soirée soit parrainé par le Medef et se revendiquer anticapitaliste ? Comment accueillir la marche des sans-papiers et accepter un logo de la préfecture, relais local de la toute-puissance de l’Etat expulseur ?
Ainsi, cela dépend aussi des contextes, des intuitions, des préoccupations du moment. Nous n’y voyons pas une hiérarchisation des luttes.
 
L’année passée, une polémique vient troubler le festival de la Dinoponera au Molodoï : des militantEs de la cause animale dénoncent la torture et la mise à mort de crustacés lors d’un spectacle mis en scène. Dès la semaine suivante, des militantEs viennent demander des justifications au CA Molodoï. Nous refuserons de déclarer le CAJ Molodoï comme un lieu totalement dédié à la protection animale : des bouffes y sont organisées vegan ou non, au choix conscient des organisateurs/trices. Cependant, Molodoï pourra affirmer privilégier l’accueil des pratiques alternatives, porteuses d’émancipations et de progrès.
 
Le contexte
Cet incident ne peut être analysé séparément d’un contexte et d’un environnement propre au CA. Actuellement notre principale préoccupation est centrée sur la fin du contrat de l’ancienne ingénieur son et sur le remplacement de l’emploi Molodoï. Une situation demandant de nombreuses compétences inhabituelles en gestion de personnel, en droit, en bureaucratie qui nécessite des rendez-vous, des entretiens d’embauches, des liens étroits avec les services de Pôle Emploi. Une situation qui complique passablement la gestion ordinaire du lieu : trouver des remplaçantEs pour les soirées programmées, accompagner les associations dans les choix à faire lorsqu’aucune solution alternative n’est trouvée…Notre « temps Molodoï » est actuellement phagocyté par cette situation stressante nous laissant certainement moins de temps à la réflexion, au recul et nous rendant moins attentif à d’autres choses. Évidemment, dans un procès à charge, il serait dit qu’il s’agit là de recherche désespérée de circonstances atténuantes. Non, il s’agit d’observer un évènement par un prisme moins étroit qui isolerait un fait pour en faire une globalité et de permettre de re-contextualiser un évènement.
Par ailleurs, la démission d’un membre du CA en protestation de la non censure de cette affiche a peut-être provoqué l’effet inverse de celui escompté : s’il s’agissait de créer un électrochoc aux autres membres afin de les éclairer quant à leurs erreurs l’effet a été autre : une sidération quant à la disproportion entre un positionnement (la démission) et la possibilité de voir le nom Molodoï apposé sur une affiche. Cette sidération a été d’autant plus forte qu’elle a été accompagnée du refus de discuter des motivations via internet et que la seule tentative informelle mais collective de rencontre pour en débattre n’a pas abouti. Seules des discussions interpersonnelles ont eu lieu sans pour autant permettre de confronter efficacement les avis. Ainsi s’installent les incompréhensions.
 
Des outils : inadaptés ? Dysfonctionnant ?
Le temps Molodoï n’est pas –en principe- un temps de précipitation bien que souvent la gestion du lieu nous rattrape et nous oblige à être plus réactifs que nous le souhaiterions. Ainsi, même si la décision de ne pas censurer l’affiche a été prise il y a une douzaine de jours, les membres du CA n’ont pas eu l’occasion de se rencontrer. Nous n’avons qu’un temps de réunion mensuelle, le second mercredi du mois qui tombe la semaine après que le collectif de personnes impliquéEs à Molodoï et dans les luttes féministes nous ait interpelés. Peut-être que si nous avions eu ce temps de discussion préalablement à une prise de décision, nous aurions pu confronter nos points de vue sans urgence et de visu. Vertu du dialogue et de l’échange. Un autre outil, propre au fonctionnement démocratique de Molodoï -les ROM (Réunion Ouverte Molodoï) aurait également pu permettre des clarifications, des prises de positions différentes ou tout au moins un débat plus apaisé. Ces réunions se déroulent le 4eme mercredi de chaque mois –soit le mercredi d’avant l’AG houleuse. Cependant, aucun ordre du jour n’avait été validé pour cette réunion faute de participantEs et seules 3 ou 4 personnes s’étaient déplacées le soir même, sans aborder cette question de l’affiche. La création des ROM avait comme objectif, justement, de permettre ce type de débat concernant la vie interne du lieu.
Enfin, lorsque le projet a été déposé en assemblée générale, personne n’a soulevé la problématique du nom GHB comme étant susceptible de promouvoir le viol, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que le groupe joue à Molodoï.
 
L’a posteriori
Bien entendu les tenants de la charge trouveront sur le facebook GHB de quoi alimenter toutes les critiques et toutes les craintes : des liens vers Dieudonné et autre Mahmoud Ahmadinejad, deux icônes de mouvements d’extrême droite pourtant opposés (les soraliens ne sont pas en odeur de sainteté chez les nationaux révolutionnaires).  Bien la preuve que nous avons affaire-là à du grand n’importe quoi, comme le revendique le groupe. Ces liens ont été immédiatement retirés, sans protestation et avec gène. Suite à l’AG et aux invectives les propos et autres commentaires idiots sont nombreux à lire. Même les absentEs –en fait, surtout eux- ont leurs petits mots, leurs anecdotes, leurs exemples à donner. ChacunE se retranche dans son entre-soi, fièrement cramponné à ses certitudes et, quelques soient les prises de positions, les décisions et les actes que Molodoï tentera, il est fort à craindre qu’ils seront finement étudiés et critiqués par les unEs comme par les autres. Molodoï grand défouloir.
Car après cette foire d’empoigne, si le CA de Molodoï n’annule pas la date, il sera la cible de mécontentEs et, à l’inverse, en cas d’annulation, le Molodoï sera une fois de plus décrié. C’est –avant même toute communication et initiative de notre part- déjà le cas sur les réseaux sociaux. Quelques habituéEs de l’embrouille numérique  alimenteront des rancœurs mal digérées en vilipendant joyeusement la salle mais surtout son CA coupable de tant de choses. Nous savons par avance que chaque mot de ce texte sera analysé, discuté, passé aux cribles de la critique et de la comparaison. C’est à ce jour le seul que nous puissions proposer.
Nous ne vivons pas toutes et tous cette polémique de la même manière au sein du CA Molodoï. Nous n’avons pas vécu de la même manière l’AG de mercredi dernier. CertainEs ont été plus touché que d’autres.
Le CA Molodoï est pour moitié féminin. Quelle surprise douloureuse de s'entendre accuser de cautionner le viol ou pire, d'en faire l'apologie!

Ce débat/déchirement en tous les cas n’aura pas laissé indifférentE un certainE nombre d’entre nous et aura eu la vertu de replacer temporairement les questions des violences faites aux femmes au centre des discussions Molodoï. De là à savoir quel impact il a eu et aura  et comment les acteurs/trices du lieu –animateurs/trices, spectacteurs/trices, comsommateurs/trices, organisateurs/trices… se l’approprieront, seul le temps nous le dira. Quant à savoir si l’affiche promeut la « culture du viol »,  ceux/celles qui affirment que cette culotte entrave les chevilles  se voient répondre par d’autres qu’au contraire, elle libère le sexe. Nous ne nous sentons pas la légitimité de trancher définitivement ce débat mais nous formons le vœu que le CAJ Molodoï soit un des espaces de discussion privilégiés  qui permette à toutes et tous de se forger ses convictions.
Les meurtrissures n’aideront pas à trouver paisiblement et collectivement les mesures adéquates mais nous essayerons ensemble de trouver celles qui apaiseront, dépassionneront, réconcilieront, produiront tout en gardant comme objectif de ne pas dénaturer, dans un sens ou l’autre le projet Molodoï.  
 
Les membres du conseil d’administration du Centre Autonome Jeune Molodoï
Pascal, Carine, Guillaume, Julie, Fred, Manue, Lionel, Séverine, Florian

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