Le 18 mai, vers 19h50, à la fin de l’atelier de boxe anglaise et au début de l’atelier de combat libre organisés par l’ASL, la police nationale - avec une vingtaine d’agents - est entrée dans le bâtiment du Centre Autonome Jeune Molodoï, en bloquant toutes les sorties. La police nationale accompagnait une inspectrice du travail et plusieurs agents de la DDSP 67 - Direction Départementale de la Sécurité Publique - dont un major de police.
Pendant plus d’une heure, les agents présents ont procédé à des relevés d’identité des personnes présentes. L’inspectrice et les enquêteurs de la DDSP ont également interrogé les personnes présentes sur les pratiques de l’ASL. Pendant ce temps, les autres agents de police se promenaient librement dans les locaux du Molodoï.
Après une heure de flou sur les raisons de leur présence, ils ont finalement montré la réquisition du procureur aux fins de contrôle de l’activité et de l’identité en matière de lutte contre le travail illégal. (Le document n’a pas été remis en main propre.)
Des photos du lieu et des personnes (ainsi que leur CNI) ont été prises sans leur consentement.
On apprendra le lendemain, par voie de presse, qu’aucune infraction n’a été relevée, et le parquet a indiqué que la procédure avait été initiée par les services de police.
Quelques jours plus tard, l’ASL et le CAJ Molodoï ont reçu un courriel du major de police demandant plusieurs documents en lien avec le fonctionnement de nos associations. Le CAJ Molodoï a également réceptionné un courrier de l’inspection du travail, l’invitant à régulariser ses statuts. En effet, l’inspectrice a décrété que les statuts collégiaux, pourtant validés depuis 32 ans par un tribunal administratif, ne seraient pas valides. Enfin, des documents relevant du droit du travail et relatifs au salarié du Molodoï sont demandés (ceux-ci seront bien communiqués à l’inspection du travail).
Sur la base des éléments dont nous disposons, et au vu de l’absence d’infractions constatées, nous questionnons l’instrumentalisation de l’inspection du travail par les services de police. Le harcèlement administratif est une pratique courante de l’État pour exercer une pression politique sur différentes structures associatives.
Le Molodoï et l’ASL sont des lieux où nous essayons que toute personne se sente en sécurité et soit accueillie au mieux. Ces contrôles tendent à rendre nos espaces insécurisants et nous ne laisserons aucune forme de répression et d’intimidation y pénétrer.
Face à un contexte politique et social nauséabond et à la multiplication des discours réactionnaires et sécuritaires, montrons que la solidarité existe et défendons nos lieux.
Malgré ce qui semble être une tentative d’intimidation, nous continuerons à lutter contre les logiques marchandes pour rendre la culture et le sport accessibles à toustes.
L’ASL et le CAJ Molodoï.
Le CAJ Molodoï est une salle à vocation culturelle et sociale à Strasbourg.
1er et 3ème mercredi du mois :
Assemblées générales, 20h
4ème mercredi du mois :
Réunion Ouverte Molodoï, 20h
Dernier dimanche du mois :
Travaux participatifs, 14h
Molodoï a fait le pari d'une organisation et d'une gestion par ses propres acteurs : l’autogestion, qui est une valeur fondamentale du lieu. La salle fonctionne sur la base du volontariat et du bénévolat. C’est un engagement fort.